Irène a travaillé pendant 10 ans comme médiatrice culturelle et a suivi le programme “Envol” : elle avait envie de changer d’activité, être indépendante sans dépendre de l’Etat… la maternité avait mis en lumière une partie d’elle qu’elle avait envie de développer.  Elle nous raconte son expérience.

Bonjour Irène. Je suis ravie de te retrouver pour ce témoignage. Tu as accepté de témoigner de ton parcours chez Femmes de projets. Tu as vécu l’aventure « Envol » destinée à des femmes qui veulent trouver leur projet et lancer leur activité. Je ne vais pas en dire plus sur toi et te laisser te présenter. 

Bonjour à toutes. Comme l’a dit Anne, je m’appelle Irène. J’habite au Chili depuis maintenant 12 ans, après avoir vécu dans différents pays lors de voyages dans le cadre de mes études. J’ai un petit garçon de 3 ans. Nous habitons, avec mon mari chilien, dans un petit village en pleine Cordillère des Andes, dans le sud du Chili.

Ce qui fait rêver d’ailleurs, au passage. 

C’est un peu magnifique, oui. 

Te rappelles-tu la situation dans laquelle tu étais, ce que tu vivais quand nous nous sommes rencontrées ? Peux-tu nous en parler ?

J’ai travaillé pendant 10 ans en tant que médiatrice culturelle. Avec la naissance de mon fils, étant donné que je vis dans un très petit village au milieu de la montagne, travailler en tant que médiatrice culturelle était compliqué. Je travaillais loin, à 2 h de là, et ne voulais plus voyager, être hors de ma maison, de mon foyer 2 jours par semaine. Ce n’était plus une option pour moi. Et je n’avais pas envie non plus de travailler en tant qu’indépendante et dépendre seulement des subventions. J’avais envie de changer d’activité en créant une entreprise de type commercial, être indépendante mais sans dépendre de l’Etat. Et, d’autre part, la maternité avait mis en lumière une autre partie de moi et donc, à travers un cercle de femmes, j’ai commencé à développer la méditation, à pratiquer beaucoup. J’ai pris une pause pendant deux ans quand mon fils est né, en maintenant quelques projets de médiation culturelle, et je me suis aperçue que retourner à la médiation culturelle était retourner à mon ancien moi. J’avais envie de développer une nouvelle partie de moi, un moi plus intégral. 

La dimension importante ici est : « J’avais l’habitude d’exercer dans un domaine avec des subventions ». Désormais, tu souhaitais développer une activité économique, avec une notion de revenu qui provient du client plutôt que de l’Etat. C’était un point important pour toi.

Effectivement, une activité commerciale, même si ce mot est toujours difficile pour moi, créer une activité commerciale et non pas associative, changer finalement un peu de domaine.

Exactement. Tu avais cette envie, ce désir-là. 

Te rappelles-tu quelles étaient tes difficultés, tes frustrations, tes défis qui t’ont conduite à avoir besoin et envie de te faire accompagner ?

Oui. Tout d’abord, je te suivais depuis un petit moment, après le Congrès de l’expatriation féminin, en suivant tes vidéos, etc. J’ai eu un premier entretien avec toi.

Je me rappelle. 

J’étais entre deux projets. Je souhaitais maintenir un peu la médiation culturelle, mais en faire une activité commerciale, et me lancer totalement à l’accompagnement aux femmes. Je fais partie de l’Organisation du Cercle de femmes donc je le faisais également, mais pas toute seule. C’est un peu différent. Et lors du premier entretien avec toi, j’étais partie plutôt sur la médiation. Je me suis donc lancée. J’ai travaillé avec quelques personnes et, en fait, ça n’avançait pas. Le fait de travailler en groupe compliquait la chose parce que nous n’allions pas forcément tous dans la même direction. Les autres avaient déjà une autre activité. Cette activité-là était, pour eux, secondaire alors que moi, j’avais envie qu’elle soit mon activité principale. Nous n’étions pas alignés. Et donc, je suis retournée te voir quelques mois plus tard. Tu m’avais dit : « C’est quand même plus facile de travailler en réseau, etc., mais pour créer son entreprise, il vaut mieux travailler tout seul au début, au moins la créer ». Et là, je me suis dit que tu n’avais pas tort. Je t’ai recontactée pour une autre séance. En octobre, j’avais fait la première séance et vers mai-juin, j’ai fait la deuxième, avant de signer. A peu près 6-7 mois après, je me suis dit que j’avais besoin d’un accompagnement. J’ai essayé.

Tu sentais que tu avais besoin de cet accompagnement. Quels étaient tes objectifs ou tes attentes ? Que cherchais-tu comme solution ?

Ce qui m’intéressait dans ce que j’avais vu, ce que tu proposais, les vidéos, etc., c’était d’être boostée. Je cherchais que quelqu’un me booste, m’aide parce que, toute seule et partir de zéro, ce n’est pas facile. J’avais besoin d’un feed-back, d’une rétro-alimentation, de savoir si je partais dans la bonne direction, avoir quelqu’un qui pouvait me répondre, me conseiller, m’aider, me soutenir et aussi me challenger, m’obliger, me pousser à aller plus loin, à passer à l’action sinon, je serai toujours au stade d’idée. C’était vraiment ça, quelqu’un qui m’aide à passer à l’action. C’était le gros point. 

Il y avait aussi le point communication. La partie communication était un gros challenge. Comment ouvrir ? Comment obtenir des clientes ? Comment passer d’un concept, d’une idée, à l’offre, aboutir à une idée commercialisable plus qu’un projet d’entreprise finalement ? C’était vraiment ça, avoir des actions, m’aider, surtout dans mon cas où j’avais beaucoup travaillé en créant des projets mais toujours associatifs. C’était un gros challenge, un gros défi. J’avais besoin de quelqu’un qui me booste et m’aide à passer à l’action. 

Je challenge un tout petit peu, un tout petit peu beaucoup. 

C’est ça.

Et pourquoi as-tu décidé de travailler avec moi ?

Comme je le disais tout à l’heure, je t’avais rencontrée lors du congrès. J’ai ensuite continué à suivre deux coachs qui y étaient présentes. Tu étais l’une d’elles. C’est vrai que les vidéos, les conseils que tu partageais me faisait vraiment sens. Je me sentais alignée avec ton message. Le fait que tu aies travaillé en communication m’intéressait aussi beaucoup. 

Ça ne répond pas à la question toi spécifiquement mais il y avait aussi le fait de vouloir vivre un accompagnement. Pour proposer d’accompagner des femmes, je sentais que j’avais besoin d’avoir moi-même vécu un accompagnement. Pour moi, c’était très important. Je m’en suis rendue compte en travaillant toute seule sur l’autre projet, qu’il était important de l’avoir vécu. Et comme tu étais vraiment la coach que je suivais, qui me boostait, je sentais que tu allais avoir les outils pour me faire réagir et me faire aller plus loin, plus vite que ce que j’aurai fait seule et aussi – mais je m’en suis rendue compte plus tard – de manière plus alignée avec mon moi profond finalement. 

C’est vrai que nous avons beaucoup travaillé cette partie-là au tout début de l’accompagnement, pour aller chercher justement au-delà de cet objectif qui, finalement, était assez large. Tu souhaitais une activité commerciale, avec des femmes. C’était ton objectif principal. Finalement, nous sommes allées chercher à l’intérieur, dans ton histoire, notamment sur la fin, en s’appuyant sur ton vécu, tes challenges pour enrichir ton propre accompagnement et ton offre avec tes propres prises de conscience et avancées personnelles. Les deux se mêlaient entre tes avancées en tant qu’entrepreneure, tes découvertes et les offres que tu avais envie de nourrir et compléter pour tes clientes. 

Exactement. 

Et aujourd’hui, quels résultats as-tu obtenus ?

Aujourd’hui, mon offre est donc terminée, concrète. Maintenant, il faut la mettre en forme pour la présenter. Il faut maintenant que je passe à la partie communication, qui est un gros défi pour moi mais qui va être très chouette aussi. 

J’ai donc toute la base de mon offre, ce que je veux offrir, comment je vais le faire, etc. C’est le noyau de mon entreprise. Et aussi, je visualise ce qui vient ensuite, les prochaines étapes à créer, à développer. 

Juste une petite parenthèse. Ton offre est aussi claire aujourd’hui parce que tu as monté en parallèle de l’accompagnement un groupe pilote. Ça t’a permis de co-construire ton offre. Finalement, tu n’as pas eu besoin, pour l’instant, de communiquer parce que, justement, tu as pu construire, donc tester, directement en temps réel sur le terrain ce que tu avais, toi, en tête.

Oui, et d’ailleurs le groupe pilote m’a proposé de le conseiller à leurs amies, etc. Aujourd’hui, je vais avoir une offre pour travailler en ligne avec des femmes, pour travailler aussi en présentiel à Malacca ??? ou encore pour d’autres qui vont pouvoir venir 3 week-ends + avoir un accompagnement en ligne. Ça va être vraiment chouette et intéressant. 

Et le fait de l’avoir déjà travaillé avec des clientes ici, avec ce groupe pilote, m’a permis de confirmer que je me sentais à ma place, que je me sentais légitime d’un point de vue personnel mais aussi professionnel. L’offre que j’ai construite fonctionne, est intéressante. Elle aide et apporte quelque chose. C’est vraiment chouette aujourd’hui de pouvoir faire cette offre de manière plus consciente, de pouvoir l’ajuster aussi. Finalement, j’ai déjà commencé à travailler dans ce projet. Je l’ai fait sur la base du groupe pilote, avec du troc. J’ai aussi reçu mes premières ressources. 

Génial ! Il n’y a rien de mieux que le terrain pour tester finalement. C’est top !

Quel a été pour toi le plus grand changement ou la plus grande prise de conscience durant cette l’aventure ?

Il y en a eu beaucoup. Celle qui est ressortie ces derniers temps, c’est que, lorsque l’on a un blocage, qu’on a du mal à avancer sur son projet d’entreprise, c’est finalement qu’il y a quelque chose qui coince du point de vue personnel. Travailler sur soi permet d’avancer du point de vue professionnel. Ça a été un gros apprentissage parce qu’au début, je me scindais en deux : le moi professionnel et le moi personnel, comme si, d’un côté, je travaillais sur mon entreprise et, de l’autre, je travaillais sur moi. Je ne voyais pas forcément le lien entre les deux. Et maintenant, je sais que si quelque chose coince du point de vue professionnel, je ne dois pas aller forcément chercher ce qui coince sur mon projet mais peut-être plutôt dans les croyances que j’ai, donc de rechercher où ça coince en moi parce qu’avant, je pensais que c’était peut-être le projet. Du coup, je remettais en cause, je questionnais, etc. Finalement, c’est toujours intéressant et important de se questionner mais, parfois, je n’allais pas dans le bon sens alors que, maintenant, je suis consciente que, bien sûr, je peux questionner mon projet, vérifier si je suis bien alignée, etc. mais souvent, ça passe par moi, par mon moi personnel et les choses que j’ai à développer. J’ai également pris conscience d’avoir énormément de croyances à travailler. Je ne suis pas au bout de mes peines mais j’y crois. 

Tu connais le chemin maintenant, c’est bien.

C’est ça ! Donc, ne pas hésiter à travailler sur ses croyances. Ça allège, on se sent plus légère. Et la légitimité. Je crois que ça a été vraiment un gros parcours, un gros travail sur la légitimité tant sur le projet de travailler, de pouvoir créer une offre commerciale, de pouvoir, en fait, se sentir légitime au moment de dire : « Mes services valent tant » au lieu de mon habitude de demander à l’Etat et, ensuite, de faire une grande boucle avec la personne qui en bénéficie. Mais aussi se sentir légitime dans le rôle de coach, d’accompagner des femmes, me rendre compte qu’effectivement, j’ai les outils, les connaissances et l’expérience pour pouvoir le proposer. Ça a été l’un des gros parcours puisque nous avons aussi travaillé sur 1001 thématiques personnelles. 

On ne peut pas tout dire en témoignage. Effectivement, il y a la légitimité. Et le deuxième point fort, c’est autour de l’argent. Comme tu l’as expliqué, tu passais d’une habitude, d’une expérience dans un domaine associatif à une activité commerciale. Il y a forcément des habitudes, des visions, des modèles, des façons de travailler ou de réfléchir différentes et des croyances qui y sont associées aussi. On a beaucoup travaillé sur cette dimension autour de l’argent ou de l’économique. 

Oui.

Et que dirais-tu à celles qui, peut-être, nous regardent ou vont regarder la vidéo et hésitent à travailler à moi, hésitent à passer le cap ? Tu l’as vécu, tu sais ce que c’est. Qu’aurais-tu envie de leurs conseiller ?

La première chose que j’ai apprise au fil des années, c’est d’investir sur soi parce qu’on a tendance à privilégier d’autres choses. Mon compagnon me demandait toujours si j’aurai un diplôme à la fin. Mais en fait, j’aurais un projet d’entreprise donc, c’est plus intéressant. Un diplôme est très intéressant également, mais c’est vraiment un choix. On découvre énormément de choses sur nous-mêmes. Au niveau de l’entreprise, au début, j’avais pensé développer toute mon entreprise et, en fait, je me suis rendue compte qu’il y avait énormément de travail à faire sur moi-même. Je suis allée peut-être moins loin d’un point de vue professionnel mais beaucoup plus loin d’un point de vue personnel, de prise de conscience et de légitimité, ce qui me permet aujourd’hui de développer beaucoup plus facilement un projet. Et aussi, si dans 5 ans, je veux changer de projet, il y a une démarche, un processus qu’on apprend, des façons de travailler. Accepter de travailler sur soi pendant une certaine durée, d’investir sur soi, c’est déjà faire un grand pas. Je crois qu’après, on n’arrête plus jamais d’investir sur soi parce que ça donne envie de continuer. C’est super intéressant parce que, finalement, on peut choisir des milliers de choses, que ce soit formation et autres. En travaillant sur un projet qui nous tient vraiment à cœur, en développant une entreprise qui est notre projet de cœur, ça nous permet de travailler aussi sur notre cœur justement. C’est un très très beau travail et une très belle expérience. Celles qui hésitent encore, je leurs conseillerai de faire un pas. C’est ce qui a fonctionné pour moi : voir si elles sont bien alignées en suivant les écrits, les vidéos, etc. Et si elles sentent que oui, ne pas hésiter à faire la séance découverte. J’en ai eu deux. Ne pas hésiter parce que, finalement, la première, je l’ai faite, je ne me suis pas engagée de suite. C’est une possibilité également. On peut oser, ne pas avoir peur et voir si le feeling passe. C’est très important pour pouvoir bien travailler. Ça vaut le coup. Pour moi, c’est vraiment un super apprentissage. Ça m’a vraiment ouvert plein de portes, de connaissance de moi et de possibilités. Ça m’a permis de croire beaucoup plus en moi et d’oser passer à l’action. J’espère que j’arriverai maintenant à le faire toute seule, comme une grande. 

Prendre ton envol.

C’est ça.

J’ai juste envie de dire waouw parce qu’il est vrai que les résultats que tu obtiens, c’est à la mesure de l’investissement que tu as mis, toi aussi, de ton côté, de l’acceptation de travailler sur toi comme tu l’as exprimé. Nous sommes allées vraiment décortiquer, rechercher, travailler pour justement pouvoir enlever les obstacles, les résistances, les freins ou les croyances limitantes. Tu as parlé de l’idée du loin. Je trouve que quand on travaille sur soi en tant qu’entrepreneure, ça nous permet justement d’aller plus loin. Si tu ne mets le focus que sur le projet mais que tu n’as pas travaillé sur tes croyances, tes résistances, tes blocages, à un moment donné, ton projet risque de chuter, de tomber ou de se démonter et tu n’auras pas la capacité de le relever ou d’identifier les points bloquants. Alors que le fait d’avoir travaillé sur toi en priorité, et sur ton projet en parallèle, finalement, tu as mis en place tes fondamentaux pour être une entrepreneure à succès. C’est à vie. Une fois que c’est mis en place et que c’est fait, que c’est pris comme habitude de fonctionnement, c’est une richesse extrême. Bravo à toi !

Merci, à toi aussi.

Merci. Si tu avais un mot de la fin, quel serait-il ? As-tu envie de rajouter quelque chose ?

Tes propos m’ont fait penser à une citation : « Tout seul, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin ». 

Comme je le disais, oser investir sur soi et oser se défier finalement, oser passer à l’action tant en prenant un accompagnement, en mettant en place des actions concrètes mais aussi en passant à l’action. Souvent, on reste à ce croisement, je réfléchis, j’ai une super idée mais oser mettre les premières actions aide à mettre les suivantes et à aller plus loin, baisser ses peurs. Finalement, c’est vraiment ça.

Je ne rajouterai rien. Merci Irène pour ce partage, ce témoignage et bien entendu, bien au-delà, pour toute l’aventure que nous avons vécue ensemble. Quand tu auras ta page Facebook, etc., je mettrai le lien pour toutes celles qui le veulent puissent aller chercher et découvrir dans le détail ce que tu proposes. Je te souhaite donc un bel envol. Nous restons en contact de toute façon. Et pour toutes celles qui veulent en savoir plus, je vous invite à envoyer un petit message pour contacter Irène, ou à aller voir plus précisément ce qu’elle fait. Belle journée Irène !

Merci, à toi aussi.